Ce n’est pas parce qu’on n’en parle plus que la grippe a disparu

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Face à l’imprévisibilité de la grippe et à sa dangerosité sur les plus fragiles, la vaccination contre le virus de la grippe reste l’arme la plus efficace.
La campagne de vaccination contre la grippe démarrera le 22 octobre et se déroulera jusqu’au 31 janvier 2022.

Cette année, la campagne de vaccination contre la grippe se déroule dans un contexte sanitaire incertain encore très marqué par l’épidémie de Covid-19.  
Si l’hiver 2020-2021 s’est illustré par une quasi-absence de circulation des virus grippaux en France et dans le monde, la grippe n’a pas disparu. Elle reste imprévisible et une recrudescence des virus grippaux pourrait être observée cet hiver.

La Haute Autorité de Santé (HAS) rappelle à ce titre que l’absence d’immunité naturelle acquise en 2020-2021 pourrait augmenter le risque de transmission du virus de la grippe notamment chez les personnes les plus à risque. C’est pourquoi, l’enjeu de cette nouvelle campagne est de protéger les plus fragiles et de renforcer la vaccination des soignants.

Pour cette campagne vaccinale, l'objectif est de consolider la forte progression de la couverture vaccinale observée l’an passé (55,8% soit +8 points) et d’approcher les 75% telle que préconisée par l’OMS. 

Enjeu supplémentaire cette année, inciter les publics cible à se faire vacciner contre la grippe pendant que la campagne de vaccination anti-Covid-19 se poursuit.

Grippe & Covid-19: la co-vaccination est possible, le même jour, un vaccin dans chaque bras

Pour éviter tout retard à la vaccination antigrippale, la HAS recommande de proposer l’administration simultanée des vaccins contre le Covid-19 (primovaccination ou dose de rappel) et contre la grippe saisonnière dès lors qu’une personne est éligible aux deux vaccinations.  
Alors que la co-circulation du virus grippal et du virus SARS-COV2 (Covid-19) n’est pas exclue, le ministère des Solidarités et de la Santé, Santé publique France, l’Assurance Maladie et la MSA soulignent l’importance majeure d’une couverture vaccinale antigrippale élevée chez les personnes à risque, associée au respect des gestes barrières qui reste essentiel.

Pour protéger les personnes vulnérables, le ministère des Solidarités et de la Santé recommande comme l’an passé  de vacciner en priorité les personnes fragiles au début de la campagne de vaccination : la prescription, la délivrance et l’administration du vaccin contre la grippe leur est réservée pendant les 4 premières semaines.

Pour les personnes fragiles, ces deux vaccinations sont indispensables pour éviter des formes sévères de la grippe ou duCovid-19. Pour que l’articulation de ces deux vaccinations soit la plus efficace possible, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande la co-administration des vaccins contre la grippe et contre le Covid-19. 

Les premières données indiquent que la co-administration est généralement bien tolérée et ne diminue pas la protection conférée par les deux vaccins.

Les deux injections peuvent être pratiquées le même jour, un vaccin dans chaque bras. 

La HAS précise qu’aucun délai n’est à respecter entre les deux vaccinations lorsque la co-administration n'est pas possible. Cette règle s'applique par ailleurs à toute association entre les vaccins contre la Covid-19 et les autres vaccins inactivés du calendrier vaccinal.

Des publics cible à mobiliser de nouveau sur l’importance de la vaccination antigrippale

L’absence de circulation de grippe l’an dernier et la forte mobilisation autour de la vaccination contre le Covid-19, font craindre une démobilisation des publics cible vis-à-vis de la vaccination antigrippale, alors même qu’il est tout à fait possible de recevoir les deux injections en même temps.
Certains l’oublient mais la grippe peut avoir des conséquences lourdes sur la santé.

D’origine virale, la grippe est une infection respiratoire aiguë très contagieuse, imprévisible et qui reste toujours harassante : forte fièvre, mal de tête, courbatures, fatigue intense… Chez les personnes fragiles elle peut entraîner des complications graves, des hospitalisations et des décès. Selon les années, 2 à 6 millions de personnes sont touchées par la grippe.

En l’état de la couverture vaccinale, la vaccination permettrait d’éviter 2 000 décès en moyenne chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Ce sont 3 000 décès supplémentaires qui pourraient être évités chaque année si la couverture vaccinale atteignait l’objectif de 75 % fixé par l’OMS. Chez les femmes enceintes, la vaccination permettrait d’éviter environ 50 % des cas de grippe.

Ce qui est sûr aujourd’hui : le vaccin est le meilleur moyen de se protéger des formes graves de la grippe. Il limite les risques de complications et d'hospitalisation.

La liste des personnes ciblées est publiée chaque année par le ministère de la santé, dans le calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales. La majorité des personnes ciblées par les recommandations vaccinales reçoivent un courrier d’invitation accompagné d’un bon de prise en charge du vaccin à 100% adressé à leur domicile par l’Assurance Maladie. 

Au total, plus de 15 millions de bons ont ainsi déjà été envoyés pour cette saison par l’Assurance Maladie et la MSA aux personnes concernées, avant le lancement de la campagne de vaccination. Près de 18% de doses supplémentaires de vaccins ont été commandées auprès des laboratoires. 

 Toutes les personnes de 18 ans et plus pour lesquelles la vaccination antigrippale est recommandée peuvent retirer directement leur vaccin à la pharmacie, sur simple présentation de leur bon de prise en charge.

Une ordonnance n’est pas nécessaire pour cela.

Elles peuvent ensuite se faire vacciner par le professionnel de leur choix : médecin, sage-femme, infirmier(e), pharmacien volontaire (à l’exception des personnes allergiques à l’ovalbumine ou à une vaccination antérieure qui doivent être orientées vers leur médecin). Dans le cas où une personne éligible n’a pas reçu ou a égaré le courrier d’invitation de l’Assurance Maladie, son médecin, sage-femme, infirmier ou pharmacien peut lui délivrer un imprimé de prise en charge, après s’être assuré de son éligibilité.

A noter que le circuit de délivrance du vaccin contre la grippe n’est pas modifié par les recommandations de vaccination concomitante grippe/Covid. La délivrance se fait toujours en pharmacie ; les médecins, infirmiers, sage-femmes, centres de vaccination ne disposant pas de vaccins grippaux dans leurs locaux. Par ailleurs, pour les personnes de moins de 18 ans, la prescription médicale reste nécessaire pour la délivrance du vaccin et la vaccination par un infirmier.  

Nouveautés 2021 : des invitations élargies

  • le vaccin des aides à domicile des particuliers employeurs éligibles à la vaccination sera pris en charge par l’Assurance Maladie. Pour les autres professionnels, l’organisation de la vaccination est à la charge de leur employeur.
  •  La liste des professionnels de santé libéraux suivants - médecins généralistes, pédiatres, gynécologues, pharmaciens titulaires, sages-femmes, infirmiers, masseurs kinésithérapeutes, chirurgiens-dentistes, pédicures-podologues – dont le vaccin est pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie est élargie en 2021 aux spécialités suivantes : cardiologie, endocrinologie, gériatrie, néphrologie, pneumologie, rhumatologie ainsi qu’aux orthophonistes libéraux.

Trois vaccins disponibles

a composition du vaccin est adaptée annuellement, suivant la recommandation de l’Organisation mondiale de la Santé pour la saison, en fonction des souches virales qui ont circulé l’hiver précédent et donc les plus susceptibles d’être présentes cette année. Trois vaccins sont disponibles pour cette saison : VAXIGRIP TETRA® et INFLUVAC TETRA® et EFLUELDA® (pour les sujets âgés de plus de 65 ans). 

  •  Avant l’âge de trois ans, seul le vaccin Vaxigrip Tetra® peut être utilisé.

  • A partir de trois ans, les vaccins Vaxigrip Tetra® et Influvac Tetra® peuvent être indifféremment selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé
  • Pour les 65 ans et plus, les vaccins Vaxigrip Tetra®, Efluelda® et Influvac Tetra® peuvent être utilisés indifféremment selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé.

La sécurité du vaccin contre la grippe saisonnière est avérée de longue date. Les réactions indésirables attendues restent bénignes et transitoires, telles que douleur, rougeur, gonflement au site d’injection voire des effets généraux comme un peu de fièvre, des douleurs musculaires ou articulaires. Les réactions allergiques sont très rares (1 cas sur 450 000 vaccinés).

Le rôle essentiel des professionnels de santé dans la campagne antigrippale

Le rôle des soignants dans la campagne antigrippale est essentiel et répond à un double objectif : se protéger eux-mêmes pour permettre de continuer à assurer leur activité de soin ; protéger leurs patients, en particulier les plus fragiles. 

Dans le contexte actuel de pandémie à Covid-19, il est important de soulager le système de soins en particulier dans les hôpitaux et les établissements et services médico-sociaux et de préserver les professionnels de santé de la grippe. Des études ont montré la réduction de la mortalité des personnes âgées, en période d’épidémie, dans les collectivités où les personnels étaient activement vaccinés1. Chez les professionnels de santé en établissement, le taux de couverture vaccinale s’établit en moyenne aux alentours de 55% en EHPAD (pour la saison 2020-2021) et de 35% en établissement de santé pour l’ensemble des professions (pour la saison 2018-2019)2. L’augmentation de cette couverture vaccinale est un objectif prioritaire.

Les professionnels de santé pourront informer le patient des bénéfices de la vaccination contre la Grippe mais aussi des spécificités de la campagne de cette année liées à l’articulation avec la Vaccination Covid-19. Ils auront à expliquer que la vaccination doit en priorité bénéficier aux personnes les plus fragiles et rappeler l’efficacité des gestes barrières pour lutter contre la transmission des virus.

Mobiliser contre une possible résurgence de la grippe cet hiver

Le contexte épidémiologique a changé par rapport à la saison dernière et il convient d’être vigilant face aux autres virus respiratoires comme ceux de la grippe.  
Durant la période de circulation du SARS COV 2, il a été observé une réduction extrêmement importante de la circulation des 2 virus responsables d’épidémies saisonnières (grippe et VRS), une quasi absence qui s’explique en partie par la mise en place de mesures barrières (port du masque, lavage des mains...) mais a pu aussi être amplifiée par un mécanisme d’interférence virale, autrement dit la difficulté pour 2 virus respiratoires de circuler en même temps.
Dans le contexte d’amélioration de la situation sanitaire et d’allègement des restrictions (mesures barrières, échanges internationaux) un retour des virus saisonniers comme ceux de la grippe n’est pas à exclure. 

Couverture vaccinale antigrippale : se rapprocher de l’objectif de 75% de l’OMS

L’an dernier, le taux de couverture vaccinale antigrippale en France a atteint 55,8 % pour la population ciblée par les recommandations de la HAS soit une nette progression de plus de 8 points par rapport à la saison 2019-20203. Le taux de couverture vaccinale s’élève même à 60 % pour les 65 ans et plus. Si cette progression est à saluer, elle est clairement liée au contexte pandémique (la couverture vaccinale augmentant habituellement d’un à
deux points en fonction des années). 

Malgré cette augmentation, la couverture vaccinale des populations à risque reste insuffisante, bien en-deçà de l’objectif de 75% fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

Les enjeux de cette campagne de vaccination sont donc d’augmenter encore ce taux de couverture vaccinale des personnes les plus fragiles, c’est-à-dire les personnes ciblées par les recommandations vaccinales contre la grippe, qui sont également pour la plupart, à risque d’infection grave au Covid-19 :

  • personnes âgées de 65 ans et plus ;
  • personnes (adultes et enfants) souffrant de pathologies chroniques (insuffisance respiratoire, insuffisance cardiaque, diabète, insuffisance rénale, asthme, bronchopneumopathie obstructive…) ;
  • personnes obèses avec un Indice de Masse Corporelle égal ou supérieur à 40 kg/m2 ;
  • femmes enceintes ;
  • l’entourage des nourrissons de moins de 6 mois à risque de grippe grave et des personnes immuno déprimées.

 

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