Faire grandir la santé en Corse

Le moustique tigre en Corse, potentiellement vecteur de maladies

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photo d'un moustique-tigre effectuant un repas sanguin
En Corse, plus de 40 espèces de moustiques sont recensées. Parmi elles, 5 ou 6 sont susceptibles de transmettre des maladies. L’anophele, vecteur du paludisme et l’Aedes albopictus, vecteur du chikungunya, de la dengue ou du Zika sont les deux espèces particulièrement surveillées.
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Seule la femelle du moustique pique, car elle utilise le sang pour le développement de ses œufs. Elle est attirée par les mouvements, la forme, les couleurs, le dioxyde de carbone (CO2), les odeurs, la chaleur. Les humains, comme d’autres mammifères, sont donc des proies privilégiées.

 

  • paludisme (malaria)

Le paludisme est une parasitose (parasite du genre Plasmodium) transmise par les moustiques du genre Anopheles. Ceux-ci vivent principalement en milieu rural. Étant donné la baisse de population humaine en milieu rural et la baisse des populations d’anophèles (assèchement de certaines zones de reproduction, lutte permanente sur leurs larves), le contact Anopheles/humain est moins fréquent qu’auparavant. C’est un moustique qui pique en fin de journée ou pendant la nuit.

Il n’y a plus eu d’épidémies de paludisme en Corse depuis 1972, le dernier cas autochtone remontant à 2006. La Corse est donc en situation d’anophélisme sans paludisme. Dans les années à venir, il pourrait y avoir très ponctuellement des cas. Les scientifiques excluent cependant tout risque d’épidémie dans les conditions actuelles.

  • chikungunya, dengue, Zika

Ces trois maladies sont dues à des virus. Les symptômes du chikungunya et de la dengue sont globalement les mêmes, à savoir principalement une forte fièvre, associée à des douleurs articulaires et des possibilités de douleurs musculaires pour la dengue.

Les symptômes pour le virus Zika peuvent être légèrement différents avec une éruption cutanée, avec ou sans fièvre, les yeux rouges et des douleurs articulaires ou musculaires. En raison des conséquences sur les fœtus, il est fortement recommandé aux femmes enceintes ou ayant un projet de grossesse de ne pas se rendre dans la zone où circule le virus Zika. En cas de nécessité, elles doivent se rapprocher de leur médecin traitant ou gynécologue-obstétricien pour connaître les précautions à prendre. Par ailleurs, si leur partenaire revient de la zone, celui-ci doit se protéger pendant au moins 8 semaines après son retour, afin d'éviter une possible transmission sexuelle.

Pour que le moustique puisse transmettre le chikungunya, la dengue ou le Zika, il faut que les virus soient présents, ce qui n’est pas le cas en France métropolitaine. Il n'y a donc pas de risque particulier d'attraper l'une de ces maladies.

Toutefois, des personnes revenant des zones de circulation virale peuvent être porteuses, pendant quelques jours, du virus dans le sang et alors infecter des moustiques qui pourront ensuite les transmettre à des personnes ne s'étant pas déplacées. Pour éviter cela, des actions sont mises en place, surtout pendant la période d’activité du moustique-tigre, entre le 1er mai et le 30 novembre. Cette surveillance renforcée consiste (1) au signalement à l’ARS des personnes malades par les professionnels de santé, (2) à l’investigation des cas par une équipe ARS/Cire, (3) au traitement, par les conseils départementaux, des zones de déplacement de ces personnes.

Le principal acteur de la lutte contre les moustiques, qu’ils soient simplement nuisant ou potentiellement vecteur de maladies est l’ensemble de la population. En effet, la plupart des moustiques se développent dans les petits gîtes que l’on a sur le balcon ou dans le jardin (soucoupes de pots de fleurs, jouets abandonnés, etc.).

 

Ainsi, la principale mesure pour se prémunir des moustiques est de supprimer les gîtes (réceptacles pouvant contenir de l’eau et favorisant par la même le développement des moustiques). Il faut donc, suivant le type de gîte :

  • les éliminer : petits gîtes, objets abandonnés, comme des seaux, cuvettes, arrosoirs, de la vaisselle, etc. ;
  • les vider toutes les semaines ou les remplir de sable : soucoupes de pots de fleurs ;
  • les équiper de dispositifs (ex : tulle moustiquaire) empêchant les moustiques de pouvoir pondre : réservoirs d’eau ;
  • les empoissonner, s’il s’agit de bassins ;
  • veiller au bon entretien des gouttières, des piscines (chloration et filtration), de l’assainissement, qu’il soit individuel ou collectif. Un mauvais état de l’assainissement peut être source de très fortes nuisances, notamment de la part des moustiques du genre Culex.

En parallèle, il peut être utile de se protéger des piqûres :

  • appliquer des produits anti-moustiques (voir avec votre médecin ou votre pharmacien),
  • se protéger avec des vêtements couvrants et amples,
  • protéger les nouveau-nés et les plus jeunes (moins de 3 ans) : mise en place de moustiquaires autour des lits.

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Contact

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Alexandre Pélangeon, ingénieur sanitaire
mél : alexandre.pelangeon@ars.sante.fr
tél : 04 95 51 99 65