Ensemble pour une île de santé

Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques

Communiqué de presse
Visuel
les antibiotiques, ils sont précieux, utilisons les mieux
La semaine mondiale pour le bon usage des antibiotiques se tiendra, cette année du 12 au 18 novembre 2018.
A cette occasion, l’ARS, l’Assurance Maladie, ainsi que le comité de pilotage régional de lutte contre l’antibiorésistance crée en 2017, lancent un appel pour un usage responsable des antibiotiques en vue d’endiguer l’émergence de la résistance aux antibiotiques.
Corps de texte

Un antibiotique est un médicament qui permet de traiter des maladies infectieuses dont les agents responsables sont des bactéries. Ils ont pour effet d’inhiber ou de tuer ces micro-organismes. L’antibiotique n’a aucune action sur les virus.

Les antibiotiques ont  ouvert une voie nouvelle dans la lutte contre de nombreuses maladies, qui étaient considérées jusqu’alors incurables.

Mais ils ont été utilisés massivement et ils sont aujourd’hui victimes de leur succès : ils perdent peu à peu de leur efficacité.

 

C’est l’absence de sensibilité d’une bactérie à l’action d’un antibiotique (ATB) alors que cette bactérie y était auparavant sensible.

Les bactéries multirésistantes portent ce nom car elles ne réagissent plus à plusieurs  antibiotiques.

Ce ne sont pas les malades qui deviennent résistants aux ATB, ce sont les bactéries qui apprennent à se défendre contre les ATB et les rendent inefficaces.

  • Le mécanisme de la résistance :

Les bactéries présentes dans et sur notre corps n’ont qu’un objectif : survivre.

Il y a une compétition permanente entre micro-organismes pour l’espace et la nourriture.

Les milliards d’entérobactéries qui peuplent nos intestins sont indispensables au bon fonctionnement de notre tube digestif et donc de notre organisme.

Lorsqu’un patient développe une infection bactérienne, l’ATB prescrit agit non seulement sur sa cible spécifique, la bactérie responsable de l’infection à traiter, mais également pour la majorité d’entre eux, sur d’autres cibles : les bactéries du tube digestif qui sont des bactéries utiles.

Chaque individu porte quelques bactéries résistantes parmi les milliards de bactéries de son tube digestif.

Soumises au contact des ATB, la quasi-totalité des bactéries est détruite : les utiles comme les pathogènes. Mais il en reste toujours quelques-unes qui survivent car elles se sont dotées de moyens de défense de divers types.

Les bactéries pathogènes survivantes ont alors toute la place pour se multiplier puisque les bactéries sensibles ont été éliminées par l’ATB.

Ces bactéries ont acquis un gène de résistance aux ATB.  Ces mécanismes de résistance peuvent se transmettre d’une bactérie à une autre, de la même espèce ou d’espèce différente.

Plus on a recourt aux ATB, plus les bactéries résistantes prospèrent, échangent entre elles des mécanismes de défense et se renforcent.

→ La consommation inadaptée d’ATB favorise la sélection de bactéries résistantes.

La Corse est au 4ème rang des régions les plus consommatrices d’antibiotiques (source rapport ANSM 2017 sur la consommation d'antibiotiques en France en 2016)

La politique nationale est déclinée dans chaque région de façon opérationnelle, dans les établissements sanitaires et médico-sociaux ainsi qu’en ville avec notamment la mise en place d’actions prioritaires pour maîtriser la consommation d’ATB et les résistances bactériennes.

- En 2017, en Corse, l’ARS et l’Assurance maladie ont été à l'initiative de la constitution d'un comité de pilotage des actions locales de lutte contre l’antibiorésistance.

Les URPS concernées ont été sollicitées pour y participer : les médecins libéraux, les pharmaciens, les biologistes, les infirmiers, les chirurgiens-dentistes et les sage femmes ainsi qu’un représentant des usagers, des vétérinaires (Direction Régionale de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Forets et Groupement Technique Vétérinaire), de la  MSA, du centre d’appui à la prévention du risque infectieux (CPIAS) , de l’Unité fonctionnelle d’infectiologie régionale (UFIR), de la cellule d’intervention en région Paca-Corse-Santé publique France (CIRE), de l’ARS et de l’AM.

Ce groupe constitue un espace de concertation, d’échange d’informations, de pratiques, d’expérience ainsi qu’une force de propositions et d’orientation du programme d’actions à mener. Il permet également d’impulser une collaboration transversale inter professionnelle via la mise en place de groupes de travail thématiques pour lesquels les membres du COPIL pourront être sollicités.

La première étape d'établir un état des lieux de la situation en Corse en terme de résistance bactérienne et de consommation d’ATB.

- L’année 2018 a été l’année de mise en place d’une organisation locale pour le recueil des données de résistances et des données de consommation d’ATB en Corse.

Les laboratoires de biologie médicale de la région se sont mobilisés pour transmettre à l’ARS et à l’Assurance maladie les données de résistance bactérienne dont ils disposaient. Ces données ont ensuite été exploitées par le CPIAS dont le responsable est le Dr Mahamat, infectiologue.

Une campagne de sensibilisation des médecins libéraux à l’usage des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) angine a été menée en 2017 grâce au réseau des délégués de l’Assurance Maladie. Cette campagne a permis une augmentation d’environ 25 % des commandes de TROD angine à l’AM par les médecins libéraux.

S’agissant des TROD grippe, depuis 2014, chaque année, l’ARS œuvre à la mise à disposition gratuite dans les EHPAD, de ces outils d’aide à la prescription afin d’éviter des prescriptions d’ATB inutiles.

Parallèlement, depuis 2014, le Dr CASTAN, infectiologue au CH d’Ajaccio et responsable de l’Unité Fonctionnelle d’Infectiologie régionale (UFIR) ayant fait le constat d’un besoin, a organisé le conseil téléphonique diagnostique et thérapeutique au bénéfice de tous les médecins des établissements de santé publics et privés.

A la demande de certains médecins de ville il a également dispensé au sein des territoires des formations sur les traitements antibiotiques appropriés dans certaines pathologies.

Ces deux types de résultats ont été croisés pour obtenir une photographie de la situation en Corse en 2017.

A partir de ces informations, le COPIL a validé un plan d’actions 2019 construit autour  d’une cible spécifique : le recours à une famille d’ATB ( les quinolones)  dans des pathologies courantes telles que les infections urinaires et les infections respiratoires.

- En parallèle, une campagne de communication auprès du grand public est en cours et devrait se déployer à partir du 1er trimestre 2019.

Le postulat préalable : les ATB, ce n’est pas automatique ayant été assimilé par la collectivité, à ce stade, un des axes de progression possibles dans la communication auprès des usagers  est de leur expliquer le plus simplement possible  le mécanisme complexe de l’antibiorésistance.

Sans remettre en cause, les bénéfices des ATB, il s’agit de faire comprendre l’impact pour notre santé de la prise excessive  d’ATB et également de démystifier le phénomène de l’antibiorésistance.

 

Source de la vidéo

LES ANTIBIOTIQUES C'EST PAS AUTOMATIQUE...

Aller plus loin

Documents à télécharger

Liens utiles

Bloc Liens Utiles