Inspections et contrôles en Corse

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L’inspection-contrôle fait partie des dispositifs grâce auxquels l’ARS peut assurer un suivi régulier des établissements, au même titre que le traitement des réclamations et des signalements, et l’analyse et la gestion des risques.

La mission d’inspection et de contrôle des ARS

L’ARS Corse est dotée d’un département inspection, contrôle et qualité chargé de mener les inspections des établissements sanitaires et médico-sociaux, avec le concours d’autres agents de l’ARS ou en lien avec d’autres services publics. Ces missions garantissent le respect des dispositions du Code de la santé publique et du Code de l’action sociale et des familles. Elles sont assurées par l’ensemble des inspecteurs exerçant à l’ARS. 

L’inspection n’est pas le seul moyen de contrôle des établissements. Les interventions de l’inspection sont ciblées sur des situations sensibles ou préoccupantes. En dehors de l’inspection, des échanges réguliers ont lieu avec les établissements sur leur activité, dans le cadre par exemple des contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM).

Compétence de contrôle des ARS : 

La mission de contrôle et d’inspection des ARS découle d’un devoir général de protection des personnes et répond aussi à une demande de plus en plus exigeante des usagers en matière de sécurité sanitaire. 

Cette mission est définie par le Code de la santé publique (CSP) et le Code de l’action sociale et des familles (CASF) sur les champs de compétence des ARS ;

Cela concerne les secteurs suivants :

  • Les établissements et services de santé ;

  • Les établissements et services médico-sociaux ;

  • Les soins ambulatoires : officines de pharmacie, laboratoires de biologie médicale, entreprises de transport sanitaire, cabinets de professionnels de santé, centres de santé ;

  • La santé environnementale dont le secteur des eaux (consommation humaine, loisirs, établissements thermaux), le secteur de l’habitat/santé (insalubrité, saturnisme, qualité de l’air intérieur), le secteur Etablissements Recevant du Public (ERP) (amiante, radon, légionnelles), et le secteur de l’environnement extérieur (déchets à risques infectieux, règles d’hygiène et de salubrité / tatouage, perçage, mise en œuvre du règlement sanitaire international).

Parfois en lien avec d’autres autorités publiques : 

La compétence de contrôle est conjointe avec la Collectivité de Corse sur les établissements et services médico-sociaux autorisés par le directeur général de l’ARS et le président de la Collectivité. 

Les contrôles et inspections peuvent également être réalisés en lien avec d’autres services publics (dont les préfectures, la DREETS, les DDETSPP, etc.) selon les situations.

Les ARS comptent six corps statutaires d’inspecteurs, nommés dans le Code de la santé publique et le Code de l’action sociale et des familles : médecins et pharmaciens inspecteurs de santé publique, inspecteurs de l’action sanitaire et sociale, ainsi que, sur le champ de la santé environnementale : ingénieurs du génie sanitaire, ingénieurs d’études sanitaires, techniciens sanitaires et de sécurité sanitaire. Ces agents constatent et écrivent leur rapport d’inspection de manière indépendante.

Le directeur général de l’ARS peut enfin désigner des agents pour réaliser des inspections, sous réserve d’un parcours de formation spécifique organisée par l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).

Définition du contrôle et de l’inspection :

Le contrôle vise à s’assurer qu’un service, un établissement, un organisme ou un professionnel se trouve dans une situation conforme à l'ensemble des normes réglementaires qui constituent le référentiel d'organisation et de fonctionnement qui correspond à son statut. Le contrôle est réalisé soit sur pièces (de manière exhaustive ou sur échantillon) et/ou sur site (appelé « inspection »).

L’inspection est un contrôle spécifique toujours réalisé sur site, associant notamment visite des locaux, entretiens, observations, examens et recueils de copies de dossiers et de documents.

L’inspection-contrôle permet d’identifier un possible écart à la réglementation, une possible mauvaise gestion ou une utilisation non rationnelle ou efficiente des ressources, ou une éventuelle non-application des bonnes pratiques. L’objectif est, in fine, de veiller à la sécurité et qualité de prise en charge des usagers.

Selon le secteur, cela peut être le contrôle des conditions d’installation et de fonctionnement des activités sanitaires et médico-sociales, de la sécurité, de la qualité et de la pertinence des soins, de la prévention des risques sanitaires environnementaux, et de la prévention des risques de maltraitance. 

Organisation des inspections et contrôles sur l’année : 

Des inspections contrôles programmés ou non programmés

Chaque année, les ARS établissent un Programme Régional d’Inspection-Contrôle (PRIC) sur la base d’orientations nationales (ONIC), d’orientations juridiques (OJIC), de priorités régionales identifiées à partir d’une analyse de risques et de critères de ciblage, en s’appuyant sur la connaissance du terrain des délégations départementales et des directions métier.

En dehors de ces opérations programmées, les ARS se mobilisent en urgence sur des situations d’une particulière gravité : signalements et réclamations sur des risques importants et immédiats pour les usagers, établissement ne pouvant plus assurer une activité normale, etc.

Alerter/Signaler/Déclarer | Agence régionale de santé de Corse

Des inspections contrôles annoncés ou inopinés

Qu’il soit programmé ou non, l’inspection ou le contrôle peut être soit annoncé à la structure ou au professionnel, soit inopiné.

  • Etapes d’une inspection/contrôle :

D’une manière générale, les principales étapes d’une mission de contrôle ou d’inspection comprennent la visite sur site et/ou la demande de pièces pour le contrôle sur pièces, la rédaction d’un rapport et une procédure contradictoire.

La procédure contradictoire permet à la structure ou au professionnel contrôlé d’apporter des explications et de signaler les mesures correctrices déjà réalisées ou envisagées. La procédure contradictoire est organisée dans un délai allant de quelques jours à quelques semaines selon le degré d’urgence. 

Lorsque les réponses apportées sont satisfaisantes, des mesures envisagées sur les points correspondants peuvent être levées, les autres mesures souhaitables étant maintenues avec des échéances.

  • Les suites :

A défaut de la mise en œuvre des mesures correctrices définies à l’issue de la procédure contradictoire d’une inspection ou d’un contrôle, en fonction de la situation, des sanctions administratives, et/ou des suites judiciaires ou des suites ordinales peuvent être déclenchées.

Les sanctions administratives : 

Si les prescriptions ou injonctions ne sont pas suivies d’effet, l’ARS peut prononcer des mesures de police administrative, dans le respect des principes du contradictoire et de proportionnalité des sanctions administratives, en fonction des situations et des statuts : sanction financière, administration provisoire, suspension voire cessation d’activité. 

Les suites judiciaires :

Certains inspecteurs de l’ARS sont habilités à constater des infractions pénales.

Dans les cas où sont découverts des faits susceptibles d’être qualifiés de crime ou délit, des suites de nature judiciaire peuvent avoir lieu, notamment par le signalement au procureur de la République.

Les suites ordinales :

Lors du constat de faute de nature disciplinaire ou de suspicion d’état pathologique ou d’insuffisance professionnelle, l’ARS peut saisir l’Ordre professionnel concerné.