Tout savoir sur la vaccination des ados

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La vaccination ne concerne pas seulement les tout-petits. À l’adolescence et au début de la vie adulte, elle reste un allié précieux pour préserver sa santé. Faisons le point :

Voyages, activités collectives, premières expériences de vie amoureuse… L’adolescence est une période riche, mais aussi propice à l’exposition à de nouveaux risques infectieux. Pourtant, la question de la vaccination passe souvent au second plan. Or, il est essentiel de maintenir une protection vaccinale tout au long de la vie. Certains vaccins réalisés dans l’enfance nécessitent des rappels, tandis que d’autres deviennent particulièrement pertinents à l’adolescence. 

RECOMMANDATIONS GÉNÉRALES

DTP (diphtérie, tétanos, poliomyélite) + Coqueluche : un rappel à 11 ans, indispensable pour maintenir la protection.

Infections à Papillomavirus humains (HPV) : Pour tous les jeunes (filles et garçons) de 11 à 14 ans (rattrapage jusqu’à
19 ans). Elle protège contre certains cancers, dont le cancer du col de l’utérus. 

Infections invasives (Méningites et septicémies) à méningocoques ACWY : désormais recommandé pour tous
les 11-14 ans, avec un rattrapage jusqu’à 24 ans.

Hépatite B : Rattrapage recommandé pour tous les adolescents non vaccinés jusqu’à l’âge de 15 ans.

Rougeole-Oreillons-Rubéole : Rattrapage nécessaire pour avoir au total 2 doses de vaccins.

Varicelle : Vaccination recommandée en l’absence d’antécédent de la maladie. 

•Méningocoque B : La vaccination contre les méningocoques B est possible chez les personnes âgées de 15 à 24 ans. Deux à trois doses sont nécessaires selon le vaccin utilisé.

•Grippe saisonnière : la vaccination contre la grippe saisonnière est ouverte à tous les enfants de 2 à 17 ans révolus sans comorbidités depuis février 2023.
 

Des recommandations spécifiques existent pour les adolescents présentant une maladie chronique ou en contact étroit avec une personne immunodéprimée. Consultez le site vaccination info service

 

Ces infections sont dues à des virus très courants qui se transmettent par simple contact dès les premières relations sexuelles. Si la plupart de ces virus sont sans danger, certains HPV peuvent être responsables de lésions précancéreuses puis de cancer du pénis, de l’anus, de la vulve et du vagin et de certains cancers de la sphère ORL. Chaque année, en France, 6 400 nouveaux cas de cancers leur sont attribuables. A savoir aussi que les virus HPV sont également responsables de verrues anogénitales qui sont très fréquentes chez la femme comme chez l’homme. Certes bénignes, ces lésions nécessitent souvent des traitements peu agréables.

La vaccination et le dépistage sont des moyens de prévention complémentaires contre le cancer du col de l’utérus. 

Le dépistage concerne toutes les femmes à partir de 25 ans, vaccinées ou non.

  • Femmes entre 25 et 29 ans : le test de dépistage est réalisé par examen cytologique tous les 3 ans, après deux premiers tests réalisés à 1 an d’intervalle et dont les résultats sont normaux.
  • Femmes de 30 ans à 65 ans : le test HPV-HR remplace l’examen cytologique. Le test HPV-HR est réalisé 3 ans après le dernier examen cytologique dont le résultat est normal. Un nouveau test est refait tous les 5 ans, jusqu’à l’âge de 65 ans, dès lors que le résultat du test est négatif.

Parlez en avec un professionnel de santé

Une vaccination sûre, efficace et très bien tolérée

La large utilisation des vaccins contre les HPV, les surveillances mises en place au niveau international et les résultats d’études spécifiques ont confirmé leur sécurité, reconnue par l’OMS. Aucun lien entre ces vaccins et les maladies auto-immunes n’a été démontré. Dans la grande majorité des cas, il n’y a pas d’effet secondaire après la vaccination contre les HPV (on peut observer une douleur ou une rougeur au point de piqûre, comme pour la plupart des vaccins).

La vaccination est efficace jusqu’à 90% contre :

  • les lésions précancéreuses et/ou les cancers du col de l‘utérus, de la vulve, du vagin et de l‘anus, de la sphère ORL.
  • les verrues anogénitales

Filles et garçons, tous concernés !

Si les cancers HPV concernent en majorité les femmes, plus d’un quart touche les hommes. C’est pourquoi, en France, la vaccination a été étendue aux garçons en 2021.

En effet, chez les hommes, les HPV causent des verrues génitales, des cancers du pénis, de l’anus et de la sphère ORL. Or, la vaccination permet de prévenir la majorité des cancers liés à HPV chez l’homme. De plus, la vaccination des filles et des garçons permet de limiter la circulation des HPV et pourrait à terme mener à l’éradication des HPV. Dans les pays comme l’Australie ou la Suède où le taux de vaccination atteint 80 %, le nombre de lésions précancéreuses a chuté de façon spectaculaire.

Depuis octobre 2023, la vaccination HPV est proposée à tous les élèves de 5e dans leur collège

Quand faire vacciner votre enfant ?

La vaccination contre les HPV est un moyen de prévention. Par définition, la prévention est efficace si elle est faite avant que le risque arrive. Si la vaccination des jeunes est réalisée avant le début de leur vie sexuelle, la protection apportée par le vaccin est proche de 100 %. Faire vacciner son enfant dès 11 ans c’est donc garantir une plus grande efficacité du vaccin. Et mieux le protéger d’un risque de futur cancer.

Votre enfant a entre 11 et 14 ans : seules deux doses sont nécessaires ;

Il a entre 15 et 19 ans (rattrapage) : trois doses sont nécessaires.

Aucun rappel n’est nécessaire après les 2 ou 3 injections.

La vaccination est possible chez votre médecin, sage-femme ou infirmier  ainsi que dans les centres de vaccination.

Bon à savoir : profitez du rendez-vous vaccinal pour le rappel dTcaP,*prévu entre 11 et 13 ans, pour réaliser en même temps une des doses du vaccin contre les HPV.

*Vaccin contre la diphtérie (D), le tétanos (T), la coqueluche acellulaire (Ca) et la poliomyélite (P).

Combinaison gagnante pour les filles : vaccination + dépistage

Si la vaccination réduit largement le risque de développer un cancer du col de l’utérus, le risque n’est pas nul. C'est pourquoi, même pour les femmes vaccinées, le dépistage du cancer du col de l'utérus à intervalles réguliers à partir de 25 ans reste indispensable.

Ces deux moyens d'agir sont complémentaires dans la prévention des cancers du col de l'utérus.

Des outils pour informer les parents 

Pour permettre aux parents de s’informer sur les bénéfices, pour leurs enfants, de la vaccination contre les HPV, répondre à leurs questions et les accompagner dans la réalisation de la vaccination, l’Institut national du cancer mets a disposition un livret d’information synthétique, une infographie animée, un journal informatif pour les enfants, une vidéo explicative pour les parents et pour les enfants, des annonces presse et une campagne digitale pour les professionnels de santé.

À cette occasion, l’Institut publie un nouveau dépliant sur le modèle « Facile à lire et à comprendre » : "La vaccination contre les HPV ou papillomavirus humains". Ce dépliant, réalisé en partenariat avec l’association CoActis Santé, vise à favoriser la bonne compréhension des enjeux de cette vaccination par le plus grand nombre. Il a pour vocation d’aider les accompagnants et les professionnels de santé à communiquer auprès de personnes en situation de handicap ou ayant des difficultés de compréhension.

Par ailleurs, voici également un dossier de presse sonore « Protéger les enfants contre les cancers HPV. La minute vaccination ! » composé de chroniques et d’un message de sensibilisation, le contenu permet de répondre à toutes les questions que peuvent se poser les parents. 

Les méningocoques sont des bactéries présentes dans la gorge et le nez de nombreuses personnes (environ 15% de la population) sans provoquer de maladie. Ces bactéries peuvent se transmettre par des contacts proches, prolongés ou répétés avec une personne infectée.

Il existe plusieurs types de méningocoques A, B, C, W et Y. En France les méningocoques les plus courants sont ceux de type B, W et Y.

Elles peuvent provoquer des maladies très graves comme une méningite ou une septicémie qui peuvent être mortelles ou laisser des séquelles importantes (surdité, retard mental, amputation d’un membre…).

Les populations les plus touchées sont les nourrissons au cours des premières années de vie et les adolescents et les jeunes adultes.

En France on recense, 500 à 600 cas d’infection invasive à méningocoques (méningites et Septicémies) chaque année et 60 décès/an soit 10% des personnes touchées par une infection à méningocoques. Depuis 2023 une augmentation importante des cas infection invasives à méningocoque est observée en particulier liée aux méningocoques de type W et Y.

La vaccination est le mode de protection le plus efficace contre ces infections.


Une vaccination efficace et sans danger

Les données des pays qui vaccinent contre les infections invasives à méningocoque A, C, W, Y confirment l’efficacité élevée de ces vaccins.

Les vaccinations contre les méningocoques A, C, W, Y empêchent que les adolescents vaccinés soient infectés et puissent contaminer d’autres personnes, la vaccination protège non seulement l’adolescent vacciné mais également son entourage.

Les réactions post-vaccination sont peu fréquentes et sans gravité.


Une vaccination recommandée chez les jeunes de 11 ans à 14 ans

La vaccination contre les méningocoques A, C, W, Y est recommandée pour les adolescents entre 11 et 14 ans, quels que soient les vaccins contre les méningocoques reçus auparavant.

La vaccination est aussi recommandée en rattrapage au-delà de 14 ans, jusqu’à l’âge de 24 ans.

Une seule injection protège les adolescents pendant au moins 5 à 10 ans. 

Le vaccin peut être administré en même temps que les autres vaccins de l’adolescent :  rappel diphtérie-tétanos-coqueluche- poliomyélite et vaccin contre les papillomavirus (HPV).


Se faire vacciner : en pratique

Pour les jeunes de 11 à 14 ans vous pouvez vous rapprocher d’un médecin (généralistes, pédiatre…) d’une sage-femme, d’un pharmacien, ou d’un infirmier. Ces professionnels sont en mesure de vous informer et de prescrire et administrer le vaccin.

Les vaccins contre les méningocoques A, C, W, Y sont pris en charge à 65 % par l’Assurance Maladie. Le complément est remboursé par les mutuelles.

Les bénéficiaires de la CSS (Complémentaire santé solidaire) et de l’AME (Aide médicale de l’Etat) n’ont rien à payer. La délivrance et l’administration du vaccin contre les infections à HPV sont également possibles sans avance de frais dans les centres publics de vaccination.

Pour les jeunes scolarisés en classe de 5e, il est possible d’être vaccinés gratuitement au collège dans le cadre de la campagne nationale de vaccination mise en place à la rentrée 2025.

Depuis 2023, La vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) est proposée chaque année gratuitement pour les élèves de 5e dans le collèges publics et privés sous contrat de Corse. Depuis 2026,  la vaccination contre les infections invasives à méningocoque ACWY est également proposée. 

Comment ?

L'objectif est de réaliser le schéma complet de la vaccination contre les infections liées aux HPV en respectant un délai maximum de 13 mois entre les deux doses. 

La vaccination contre les infections invasives à méningocoque ACWY comporte une seule dose.

Les deux vaccinations peuvent être administrées lors d’une même séance de vaccination

Quelles conditions obligatoires à remplir pour faire vacciner son enfant au collège ?

Un enfant est éligible à la vaccination si et seulement si :

  • ses parents ont donné leur accord pour la vaccination dans le formulaire d'autorisation parentale adressé à la rentrée.
  • il a avec lui son carnet de santé le jour de l’administration du vaccin. Le carnet de santé est en effet obligatoire pour permettre au professionnel de santé vaccinateur de disposer de toute information médicale utile, notamment allergie, éventuelles contre-indications, etc.

"Le vaccin contre les cancers HPV, il est vraiment sûr docteur ? "

Pour vous aider à répondre à cette question et à toutes les autres que peuvent vous poser les parents sur cette vaccination, l'ARS et ses partenaires ont édité une fiche " mémo pour votre pratique" mettant à votre disposition les arguments clés.

Téléchargez-la ici : 

dans le dépliant a télécharger ci-dessous:

et pour plus d'informations, rendez-vous sur e-cancer.fr